• Foxxy1Difficile de décrire Maître Goupil, tant il y en a à dire.
    Je ferais donc un choix, à vous de voir le reste.
    Si vous aimez la science-fiction, soyez servis, il y a là de nombreuses histoires à lire.
    Parmi de (très) nombreuses rubriques, citons celle consacrée à plusieurs auteurs intéressants (SF mais pas seulement) et à leurs oeuvres, bon tremplin pour les découvrir.
    Beaucoup d'info sur l'espace aussi.
    Aux amateurs de surnaturel, Foxxy propose de nombreux articles sur tout ce qui approche de près ou de loin au paranormal.
    Sans compter les nombreuses photos d'animaux (chats notamment), mais surtout... loup des neiges !



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  • Coquillage

    Un amoureux des vagues et de l'Océan, un bon brin de brise marine.

    Humeur noire ? Lassitude ? Besoin de changer d'idée ?
    Allez donc faire un tour du côté de chez Prad (alias Dom Poirot), et le rafraîchissement vient tout seul.

    C'est clair, d'une tournure agréable à lire, bourré de photos originales sans compter que nous avons là un aquarelliste de talent.

    Avis à ceux qui n'ont pas le temps de prendre des vacances !


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  • Il lui fallut un petit moment pour retrouver ses esprits, et tout de suite, elle pensa qu’elle l’avait perdu. La pluie battait son plein, crépitant sur la tôle. Elle passa en marche arrière, appuya à fond sur l’accélérateur, et dans une grande gerbe de boue, la voiture se replaça sur la route.
    Elle allait redémarrer tout de suite, lorsqu’elle aperçut, dans le faisceau de ses phares, un panneau indiquant un embranchement. Plus haut, elle le savait, la route atteindrait un col, d’où elle pourrait apercevoir les phares de la berline, si toutefois elle avait continué tout droit.
    La route annexe quant à elle se perdait entre les parois d’une gorge secondaire, montant et disparaissant de sa vue. L’eau s’en précipitait comme un torrent furieux.
    Elle lança son véhicule à l’assaut du col, qu’elle atteignit cinq minutes plus tard. La route redescendait dans l’encaissement rocheux qui s’élargissait ensuite progressivement, permettant de balayer du regard très loin en avant. Or il n’y avait aucune lumière signalant le fugitif.

    Sonia Gomez avait à la fois envie de sourire et de frapper le tableau de bord. Il avait donc tourné, échappant au piège... Mais allait-elle pouvoir le rattraper ?
    Elle alluma la lumière du plafond, fouilla nerveusement dans la boîte à gant et en sortit une carte toute froissée. Elle repéra rapidement l’embranchement : la route formait des lacets et gagnait en altitude. Aucun carrefour avant longtemps. Elle avait toutes les chances.
    Demi-tour risqué sur le bitume mouillé, elle redescendit à fond de train et rejoignit le chemin boueux, dans lequel l’eau dévalait de plus belle.
    La piste n’était pas facile et la voiture souffrit énormément. Enfin au détour d’un rocher, elle vit les phares jaunes tant désirés quelques lacets plus haut. La berline, qui devait éprouver certaines difficultés d’ascension, ne semblait pas se presser. Son chauffeur ne paraissait pas l’avoir encore vu. Tant mieux, elle allait rattraper l’écart. Elle partait à l’assaut de chaque lacet en prenant le maximum de risque. Parfois une roue arrière frôlait le précipice, tandis que la terre s’éboulait à son passage. Mais elle remontait, acharnée comme une lionne en chasse. Son sang mexicain bouillonnait, chahutant ses veines, comme les torrents alentours ravinaient la montagne. Elle aurait pu croire être à cheval, si ce n’était le bruit des tours du moteur, horriblement poussé et maltraité.

    Après un dernier lacet, la route continuait sans plus trop tourner, montant insensiblement. Les nuages devinrent plus gris, les gouttes de pluie s’espacèrent. Le paysage changeait lui aussi : des épineux commençaient à apparaître d’abord rabougris, puis plus triomphants. Le sol était moins aride, et les touffes d’herbes se rassemblaient petit à petit. Bientôt avec l’altitude, une belle pelouse verte, toute gonflée de pluie venait mourir de chaque côté de la piste, pour renaître au centre de cette dernière. Le temps restait couvert, mais un arc-en-ciel colora le ciel. Au loin, des crêtes blanches de neige au-dessus de sombres forêts de sapins se laissaient apercevoir. La berline filait toujours, autant qu’elle le pouvait dans ces ornières où un tout-terrain aurait été beaucoup plus adapté.

    La radio n’émettait que des crachotements incompréhensibles, sans doute à cause du temps. Elle l’éteignit donc, trop heureuse de ne plus être importunée par le central. La boue s’amoncelait sur les roues, et le passage de la berline n’arrangeait rien.
    Un moment après, c’était le drame : la voiture patina dans un nid-de-poule, sembla en sortir, puis retomba en arrière et s’enlisa. Elle réessaya plusieurs fois, mais rien n’y fit. Devant, son adversaire lui échappait. Elle fit encore une dernière tentative qui demeura un échec puis décida de continuer à pied. La piste était mauvaise, la berline roulait au pas, il fallait essayer de l’avoir, ne pas abandonner. Elle rassembla quelques objets épars sur la banquette arrière, manteau, casse-croûte et thermos, mit le tout dans un petit sac à dos et sortit d’un pas décidé de son véhicule. Elle ne prenait même pas soin de tenter de le signaler par radio. Elle débuta sa marche d’un pas décidé, la berline toujours en vue, une centaine de mètres plus loin.

    Elle marcha ainsi quelques temps, la voiture avançant au pas, et la marcheuse ménageant ses forces. Mais bientôt le chemin aborda une pente, et la poursuite fut plus rude. Elle vit la berline disparaître au sommet, pour redescendre l’autre côté de l’obstacle. Il lui fallut peiner pour arriver en haut de la butte. Le problème était que la voiture avait entre-temps disparu.
    La route était bien là, continuant entre les bosquets piquetant les herbages. Mais plus aucune trace du véhicule. Elle crut avoir la berlue, et dévala au pas de course le coteau, manquant de se tordre les chevilles. Où pouvait-elle être ? La vue portait autant à droite qu’à gauche, et il n’y avait rien. Si là-bas, vers l’horizon, un point brillait au bout de la piste...

    Le point ne semblait pas vouloir bouger. Elle chemina, harassée et en même temps impatiente de connaître le fin mot de cette histoire. Peu à peu, elle discerna un véhicule vert foncé, du service des parcs naturels. Le ciel était chargé de beaux nuages, blancs rehaussés d’ombrages obscurs et de reflets argent. Il s’étiraient sur tout le panorama, semblant refléter les cimes de l’horizon. Ils formaient autant d’écrans à un pâle soleil, multipliant les ombres sur le plateau immense. Un bruit d’avion passant le mur du son perça le silence. Minuscule dans ce décor, la petite silhouette de Sonia Gomez, chemise chamois à manche courte impeccable, chapeau sombre à larges bords, fut un bref instant survolée par cinq fusées noires, en formation, qui venaient depuis les montagnes pour se diriger vers le désert. Et sans doute la ville, au loin, où émettait sans arrêt le central.

    Une seconde après, l’agent remarqua un individu en uniforme des parcs se lever de derrière sa voiture. Deux secondes, et elle comprit qu’il devait être assis là, caché à sa vue par le véhicule. Trois secondes, elle le vit avancer vers lui. A la quatrième seconde, il y eut comme un immense éclair derrière le dos de Sonia Gomez.
    Elle se retourna. Le vent se leva, des feuilles voltigèrent. Il y eut ensuite un grand souffle, elle n’aurait pas pu dire combien de minutes après le brusque flash. Elle cherchait encore à comprendre quand la voix de l’homme du parc résonna, creuse, derrière elle.

    “C’est fini.”
    Elle ne voyait pas ce qu’il pouvait bien dire par là. Elle se présenta à lui et lui demanda si une berline bleue l’avait croisé.
    “Aucune berline, mais cinq missiles, cinq oiseaux de malheur, qui sont allé distribuer la mort instantanée à quelques millions de citadins, là-bas dans l’Est.”
    Il la jaugea du regard.
    “Vous n’avez pas l’air de comprendre, agent Gomez : depuis vingt-deux minutes exactement - il regardait sa montre en même temps - nos services de surveillance ont détecté une poussière d’engins vraisemblablement nucléaires au-dessus du Pacifique. Avant même de pouvoir réagir, ils étaient déjà sur nos côte. La radio a passé un message d’alerte, puis les stations se sont tues, les unes après les autres. Ceux-là n’étaient pas les premiers, et sûrement pas les derniers”. Il montrait du doigt le ciel.

    Elle demeura sans voix. Ils restèrent tous les deux face au ciel, les bras ballants. Ils virent encore passer d’autres essaims, qui prirent d’autres directions.
    Eux seraient saufs. Eux et quelques autres agents du parc, quelques campeurs éparpillés, quelques familles d’ours, des couples d’aigles, des chèvres sauvages, d’autres animaux encore, des milliers d’espèces d’insectes, des variétés d’arbres et de végétaux...

    La route, tout en bas, n’était plus désormais une droite rectiligne coupant le désert, mais une rivière de goudron tourmenté, pétrifié comme de la lave. Quand à la berline bleue qui lui avait fait quitter ce chemin condamné, l’agent Sonia Gomez, chemise chamois rapiécée, vieux chapeau sombre usé, la rechercha encore quelques temps, mais ne la revit plus jamais.

    FIN

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  • « Cette histoire ne m’appartient pas, elle raconte la vie d’un autre ».

    Voilà un roman, une biographie assez particulière, dans le style d’ailleurs de son auteur.
    En effet, s’y entrecroisent à la fois un présent où le narrateur rencontre le héros de cette histoire, et un passé qui est l’histoire par elle-même.
    Histoire vraie ? Amin Maalouf le laisse entendre.

    Il ne se veut que le témoin d’un récit qu’il va prendre en note au fur et à mesure de quelques visites rendues à cet individu qu’il a reconnu dans une rue parisienne par le plus grand des hasard.
    L’ensemble est assez léger à lire, agréable.

    Je m’attendais à des aventures retraçant en toile de fond toute un pan de l’Histoire, depuis le début du siècle jusqu’aux années 70.
    Il faut dire que ce personnage, Ossyane qui raconte sa vie par bribes à l’auteur, est l’un des derniers descendants de la famille des sultans ottomans.
    Qu’il a aussi été membre d’un réseau de Résistance en France pendant la Seconde guerre mondiale.
    Il y avait donc de quoi faire.

    Mais ce n’est pas exactement cela qui apparaît au fil des pages... Et c'est pour cela que je désire vous en faire part.
    On s’aperçoit plutôt comment les choses arrivent malgré soi, le triomphe, le bonheur comme la déchéance.
    Au moment d’écrire cet article, je viens d’achever le livre. Il me laisse un goût étrange, surtout la dernière partie.

    On y voit de quelle manière on peut perdre le goût à tout, pendant longtemps, de très longues années, presque vingt ans, jusqu’à devenir un véritable légume mais que malgré tout, quelque chose en soi, tout au fond de soi, s’efforce de persister à survivre, enfoui, minuscule, mais encore vivant, attendant quelque chose...

    Un passage mérite d’être souligné, quitte à déflorer un peu le récit à l’avance.

    Les malades, « soignés » dans un hospice de luxe en plein Beyrouth, y sont abandonnés à eux-mêmes par tout le personnel soignants qui a fui les zones des combats en train de débuter.

    Ils sont en plein milieu d’un no man’s land entre deux milices qui s’affrontent à coup d’armes automatiques et d’obus, et dont l’objectif n’est autre que l’asile lui-même, suffisamment fortifié pour offrir un intérêt tactique aux belligérants.
    Délaissés, ne sachant que faire, ceux qu’on a transformés en aliénés apathiques à force de médicaments calmants, sortent sur la terrasse jusque là réservé au directeur, dans la nuit, s’installent sur des sièges, et regardent les balles traçantes comme ils assisteraient à un feu d’artifice.

    Cela a quelque chose de magnifique, d’effrayant, d’irréel.
    Cela pose comme un problème : qui sont donc les véritables fous ?

    Il ne s’agit là que d’un exemple parmi de nombreux autres d’où ressort une grande richesse, qui donnent à réfléchir sur le destin, la volonté, les illusions qui paralysent ou bien donnent une grande force, face à une grande Histoire implacable et perturbatrice.
    Et enfin peut-être sur le sens de la vie...


     

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