• Recommandé !

    Un autre loup dans la neigeDes livres et des films à voir, revoir ou à méditer...

    Autant que possible je suis resté flou et énigmatique, dans l'espoir que cela vous donne envie d'en savoir plus... en lisant le livre ou en regardant le film!

    Vos réflexions seront les bienvenues.
  • EvePetite animation japonaise en 6 épisodes, sous-titrée malheureusement pour le moment qu'en anglais (bien que les deux premiers épisodes existent avec un sous-titrage en français), visible en streaming et dans une qualité très honnête.



    Je vous donne l'adresse anglaise, c'est-à-dire ici (euh... Ils parlent parfois très vite, et j'ai dû faire pause pour lire la traduction.)

    C'est signé Yasuhiro YOSHIURA, c'est tout simplement magnifique et recommandé fortement par le Loup.
    Attention ! Si vous êtes fana d'action et d'histoires compliquées, passez votre chemin !
    (vous aurez remarqué depuis longtemps qu'on peut un peu dire la même chose de mon blog non ?).

    C'est tout en psychologie, finesse, subtilité, et humour, le tout joliement dessiné (si il y a des adeptes d'Asimov dans la salle, ils apprécieront aussi). Pas un mot de plus, je vous laisse découvrir par vous-même.

    Eve


    Et si le thème vous plaît à vous aussi, n'hésitez pas à fouiller dans les nouvelles que je vous propose - toute ressemblance est purement forfuite, si, si (vrai) ! Et je n'en profite pas pour faire de la pub (faux)...


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  • Puisque les braises d'Avatar sont encore un peu chaudes, et avant que tout cela ne refroidisse, puisque tant de gens ont été sidérés par un film au demeurant très beau à voir, alors pourquoi est-ce que le Loup ne jouerait pas un peu au renard et n'en profiterait pas pour l'utiliser comme un appât ?

    Parce que je ne vous parlerais aucunement ici de ce film. 
    Pire, l'objet n'en est même pas un film, mais un livre... Oui vous savez ce truc bizarre plein de pages remplies de caractères, à la manière d'un grimoire magique, mais un grimoire magique de poche.

    Et ce livre, en l'occurrence, a été écrit par le descendant de gens qui n'auraient pas été perdus outre-mesure face à la forêt sauvage de Pandora. A part qu'eux ils n'étaient pas bleus et ont bel et bien vécu, dans les terres encore fécondes de l'Amérique du Nord, quelque part dans les années 1740.

    Monsieur (j'insiste, c'est un très bon écrivain) Joseph Marshall, troisième du nom, est en effet un Sioux du Dakota, et a eu la fort heureuse idée de raconter la vie de ses ancêtres, au travers d'un récit tout en finesse et en force.
    Mais ce qui fait que pour moi, on a affaire à une oeuvre littéraire, c'est l'importance de certaines réflexions, qui nous tiennent plus que jamais à coeur aujourd'hui.

    Au centre de l'intrigue, nous pourrions avoir le guerrier indien Whirlwind, ou bien encore le trappeur français De la Verendrye, ou bien encore leur ennemi commun, un autre trappeur sans foi ni loi...
    A moins que ce ne soit l'inquiétant Bear Heart ; mais en fait, non, l'histoire est centrée autour de cet étrange "fer sacré", entendre, le fusil à poudre, que le Blanc emmène avec lui, et les étranges peurs et fascinations qu'il provoque sur une communauté indienne jusque-là relativement tranquille et en accord avec son milieu.

    La question qui se pose est la suivante : cette arme, qui donne une telle facilité de mise à mort, quelle est l'étendue réelle de son pouvoir ?
    Pour l'Européen qui débarque, et pour la majeure partie des gens d'aujourd'hui (surtout en Amérique d'ailleurs !), une arme, c'est le pouvoir de se faire respecter (cf. Jean Réno...)
    C'est un pouvoir de destruction d'une puissance et d'une efficacité effrayante.
    Mais est-ce là son seul effet ?

    Pour un chasseur et guerrier réfléchi, respectueux de la pensée de ses ancêtres tel que Whirlwind, il ne s'agit pas uniquement de cela.
    Ce "fer sacré" a un autre pouvoir, moins visible, moins évident, mais bien réel : celui de changer le comportement, de changer l'âme.
    Car la facilité qu'apporte la technologie rend plus difficile la maîtrise de notre propre comportement.
    Ou pour le dire différemment plus l'Humanité maîtrise (ou disons plus justement a l'illusion de maîtriser) la Nature, et plus il devrait prendre conscience que sa propre nature lui échappe.

    C'est ainsi que ce fusil, le désir de possession qu'il provoque chez ceux qu'ils ne l'ont pas, la sensation de puissance qu'il entraîne chez ceux qui en dispose, dévoile parallèlement la fragilité des caractères.
    Eliminant l'effort du corps à corps, frappant plus loin qu'un arc, il nécessite moins de courage, et que la cible en soit du gibier ou même un homme, retire toute sacralité de la Vie en permettant un abattage de masse, qui n'a plus rien à voir avec un duel d'homme à homme ou d'homme à bête...

    Et là je m'éloigne un peu du livre mais pas trop du sujet, puisqu'environ un siècle plus tard, dans les mêmes plaines, un certain Bill Cody gagna son surnom de "Buffalo" en exterminant presque à lui tout seul les grands troupeaux de bisons pour nourrir les ouvriers des chemins de fers, extermination que les tribus indiennes n'étaient pas parvenues à atteindre en plusieurs générations (c'est un constat, pas une critique, nous faisons tous pareils sur d'autres plans depuis que la société s'est industrialisée).

    Puisque je suis dans les digressions, j'avais écrit un autre article au sujet de l'Ile de la Déesse, et le rapport est le même. Des chasseurs de phoques qui parviennent à trouver l'île qui leur sert véritablement de "matrice" sont si affolés par le nombre de bêtes et par la facilité qu'ils ont à les abattre qu'ils en deviennent fou furieux et commettent un massacre sans fin, et sans plus aucune raison rationnelle.

    Car voilà ce que que ressent obscurément le guerrier Whirlwind : cette arme terrible a le pouvoir de changer, ou plutôt de dévoiler l'âme de celui qui s'en sert, bien plus, par sa seule existence, elle entraîne tous les êtres dans cette même dangereuse expérience.
    Et si lui se demande si il serait capable de résister à l'attrait de son pouvoir, beaucoup n'ont pas ses scrupules et n'hésiteront pas à s'en servir sans contraintes.

    Or ce n'est pas l'arme qui fait le guerrier, mais sa force d'âme. Et cette force va justement être mise à l'épreuve du fer "sacré".

    Hiver sacré


    ... Bon désolé , j'avais lu ce livre au début de l'hiver dernier (celui du fer sacré...), j'avais commencé à écrire cet article il y a quelques temps, et je tente de le terminer après une journée de travail vide-cerveau.

    Conclusion, il est un peu décousu et pas forcément complet. Mais bon, il faut bien que je vous propose quelques articles à lire de temps en temps...

    Réfléchissez quand même si vous avez eu le courage de parvenir jusqu'ici, que tous les jours ce ne sont pas forcément des armes, mais des innovations technologiques (et je suis le premier à en user !) qui en nous "facilitant" l'existence ont tendance à nous couper de la réalité de la vie, et de la gravité de nos actes... dont nous restons pourtant responsables.

    (Tiens faudrait que je réveille un peu l'Aigle un de ces jours moi...)


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  • RatatouilleAh, que voilà un bon petit film d'animation comme on en fait plus guère !

    Stressé et torturé de nature, il devient extrêmement rare que je puisse regarder un film en oubliant tout le reste.


    En fait je ne me souviens plus la dernière fois (avant celle-ci) où je suis resté entièrement concentré au cinéma.

    Mais ce jour-là, ô miracle, je restais scotché à l'écran, savourant au fur et à mesure du déroulement de l'histoire une chose devenu fort rare et fort précieuse :
    la détente !

    Bon d'accord, il faut faire abstraction pour ceux que cela dérange, du fait que le héros est un petit rat. Il est vrai qu'à la vue des photos, il ne me disait pas trop au départ. Je ne me souviens plus de quelle manière je me suis laissé convaincre, et je ne l'ai pas regretté.

    Le rire vient naturellement, sans grosse ficelle stupide ou humour au ras du caniveau, comme hélas cela devient par trop banal.
    L'atmosphère à 300% cliché sur la France et Paris vu par les Américains n'a rien de désagréable, au contraire, on adorerait se balader dans cette ville irréelle.
    Les personnages sont sympathiques et agréables à regarder, ce qui est rarement le cas de beaucoup d'animations actuelles (la trogne du petit héros lorsqu'il est découvert en train de mettre des herbes aromatiques au bord de la marmite par l'apprenti est extraordinaire !).

    Et puis franchement, un rat artiste cuisinier, fallait quand même le trouver, non ?
    Donc un grand merci au réalisateur Brad Bird (à ne pas confondre avec un autre oiseau).

    Avis à ceux qui ne l'aurait pas encore vu, particulièrement si ils ont un a-priori (c'est pour les gosses ce truc là ?), si vous avez l'occasion, ne le ratez pas. C'est un pur régal !

    J'ai cependant une seule chose à regretter. Leur ratatouille à l'américo-parisienne, là... Elle ne ressemble pas, mais pas du tout à une vraie ratatouille !

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  • « Cette histoire ne m’appartient pas, elle raconte la vie d’un autre ».

    Voilà un roman, une biographie assez particulière, dans le style d’ailleurs de son auteur.
    En effet, s’y entrecroisent à la fois un présent où le narrateur rencontre le héros de cette histoire, et un passé qui est l’histoire par elle-même.
    Histoire vraie ? Amin Maalouf le laisse entendre.

    Il ne se veut que le témoin d’un récit qu’il va prendre en note au fur et à mesure de quelques visites rendues à cet individu qu’il a reconnu dans une rue parisienne par le plus grand des hasard.
    L’ensemble est assez léger à lire, agréable.

    Je m’attendais à des aventures retraçant en toile de fond toute un pan de l’Histoire, depuis le début du siècle jusqu’aux années 70.
    Il faut dire que ce personnage, Ossyane qui raconte sa vie par bribes à l’auteur, est l’un des derniers descendants de la famille des sultans ottomans.
    Qu’il a aussi été membre d’un réseau de Résistance en France pendant la Seconde guerre mondiale.
    Il y avait donc de quoi faire.

    Mais ce n’est pas exactement cela qui apparaît au fil des pages... Et c'est pour cela que je désire vous en faire part.
    On s’aperçoit plutôt comment les choses arrivent malgré soi, le triomphe, le bonheur comme la déchéance.
    Au moment d’écrire cet article, je viens d’achever le livre. Il me laisse un goût étrange, surtout la dernière partie.

    On y voit de quelle manière on peut perdre le goût à tout, pendant longtemps, de très longues années, presque vingt ans, jusqu’à devenir un véritable légume mais que malgré tout, quelque chose en soi, tout au fond de soi, s’efforce de persister à survivre, enfoui, minuscule, mais encore vivant, attendant quelque chose...

    Un passage mérite d’être souligné, quitte à déflorer un peu le récit à l’avance.

    Les malades, « soignés » dans un hospice de luxe en plein Beyrouth, y sont abandonnés à eux-mêmes par tout le personnel soignants qui a fui les zones des combats en train de débuter.

    Ils sont en plein milieu d’un no man’s land entre deux milices qui s’affrontent à coup d’armes automatiques et d’obus, et dont l’objectif n’est autre que l’asile lui-même, suffisamment fortifié pour offrir un intérêt tactique aux belligérants.
    Délaissés, ne sachant que faire, ceux qu’on a transformés en aliénés apathiques à force de médicaments calmants, sortent sur la terrasse jusque là réservé au directeur, dans la nuit, s’installent sur des sièges, et regardent les balles traçantes comme ils assisteraient à un feu d’artifice.

    Cela a quelque chose de magnifique, d’effrayant, d’irréel.
    Cela pose comme un problème : qui sont donc les véritables fous ?

    Il ne s’agit là que d’un exemple parmi de nombreux autres d’où ressort une grande richesse, qui donnent à réfléchir sur le destin, la volonté, les illusions qui paralysent ou bien donnent une grande force, face à une grande Histoire implacable et perturbatrice.
    Et enfin peut-être sur le sens de la vie...


     

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  • Du panache, toujours du panache...

    On dira ce qu’on veut de Gérard Depardieu. Mais lorsqu’il joue dans de grands classiques (comme Jean de Florette par exemple), il reste pour moi un acteur extraordinaire. C’est particulièrement flagrant dans cette adaptation à l’écran de Jean-Paul Rappeneau (1990).

    D’Artagnan cela vous dit quelque chose ?
    Et bien nous avons là l’histoire d’un de ses compatriotes, un Gascon fier comme un coq, bretteur, poète et souvent sans le sou.
    Ne vous laissez pas décourager par les rimes du discours. Ecoutez bien. C’est un régal à entendre. Evidemment, si vous avez lu le texte original d’Edmond Rostand, cela vous aidera.

    Monsieur de Cyrano est un parfait poète. Il est secrètement amoureux de sa cousine, Roxane.
    Cela tombe bien, elle fait partie d’un mouvement qui faisait fureur au temps de Louis XIII : la Préciosité. Ces gens là veulent raffiner à l’extrême le langage pour traduire avec le plus de pureté possible les sentiments et les sensations (à force cela donne quelque chose d’assez ridicule... Comme certaines Précieuses de Molière).

    Vous m’avez suivi ? Roxane aime la poésie et Cyrano la déclame aussi facilement qu’il joue de son épée.
    Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
    Seulement voilà, Monsieur de Bergerac a, comment dire... un nez. Un nez... fort long et peu discret. Et comme Obélix il ne faut surtout pas lui faire remarquer son petit défaut, car cela le mettrait en colère.

    Ce faisant, le pauvre homme n’ose pas avouer sa flamme à Roxane, de peur d’être repoussé.
    Il se contente donc de soupirer (en vers !) secrètement. Tout aurait pu continuer comme cela pendant longtemps si notre Précieuse ne s’était amourachée d’un bel inconnu (un bellââââtre dirait Obélix au sujet de l’amoureux de Falbala... Il faudra que j’écrive un ou deux articles sur Astérix moi...) qui en réalité, dispose d'un vocabulaire à peu près limité à celui de Conan le Barbare.
    Malgré tout, il a remarqué la beauté de Falb... non pardon Roxane, mais il apprend bientôt qu’il lui manque quelque chose pour la séduire : l’habileté des mots.

    Vous commencez à voir où je veux en venir ?
    Le comble, c’est que l’insouciante Roxane, qui n’a pas la moindre idée de l’amour que lui porte son cousin Cyrano, va lui demander un terrible service.
    Notre ami est, accessoirement (il faut bien vivre quand même) un officier du régiment des Cadets de Gascogne (le régiment des Trois Mousquetaires). Et il se trouve que Christian (c’est le nom du Bellâââtre) veut lui aussi rentrer dans cette très célèbre unité du Roi.
    Donc Roxane ne trouve pas mieux que de demander à Cyrano de prendre sous sa protection Christian. Lui, Cyrano, qui n’accepte aucun maître, qui ne veut être redevable de personne !
    Ben il va quand même accepter. En plus ce bougre de Christian (qui ignore tout de la démarche de Roxane en sa faveur) fait tout pour énerver son nouveau capitaine !

    Les deux hommes vont pourtant finir par s’apprécier, et on découvre la noblesse de coeur de Cyrano, lorsqu’il accepte de souffler à Christian les paroles qui sauront convaincre la belle. A eux deux, ils vont former le parfait galant : beau et plein de finesse. Mais comment les choses vont elles évoluer pour Roxane ?

    Je laisse l’histoire là, et j’en reviens au jeu du film.
    Il y a des moments splendides, véritablement à déguster (sans parler du Pâtissier Poète d’ailleurs...). Cyrano qui enfin se décide à avouer son amour, croyant que Roxane lui fixe un rendez-vous dans ce but, puis sa désillusion et son abnégation devant la terrible réalité.
    Les interventions de cet excellent Comte de Guiche, troisième larron soupirant, un grand méchant qui finit par être beau joueur.
    L’inévitable « c’est un pic, c’est un cap, que dis-je une péninsule ! » (j’en vois qui rigole grassement).
    La tirade de la conclusion merveilleusement mise en valeur par le décor et les costumes...
    En passant, les scènes de bataille contre les piquiers espagnols bardés de métal ne sont pas en reste.
    J’en oublie, c’est mieux, cela permettra de (re)découvrir le film.

    Je tartine un peu me direz-vous ?
    Un amateur de théâtre me rétorquera peut-être que telle ou telle réplique est un peu trop platement jouée... Mais la richesse d’une pièce est justement qu’elle peut être adaptée de mille manières différentes, et l’important c’est de faire le premier pas de la découvrir.
    Et je trouve que ce film est une bonne porte d’entrée pour aborder des classiques que l’on nous a, pour leur malheur, trop seriné à l’école.


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