• La Tribune d'Aigle

    AigleIci le Loup débonnaire veut un peu laisser la place à l'Aigle, qui a une vision plus radicale et plus exclusive. Si vous regardez mon avatar avec attention, vous y verrez un aigle caché dans le loup.
    Je suis désolé d'avoir "volé" ce loup à un site artisanal indien, qui réalise des sculptures de loup ayant chacune une décoration spécifique. Mais cela traduisait tellement ce que j'avais à l'esprit, pour d'autres raisons d'ailleurs, que je n'ai pas trouvé mieux, comme dit Francis Cabrel.

    Disons que cette rubrique est réservée à des réflexions.
  • Merci, M. Poirot !
    U
    n titre a retenu ce soir l'attention de votre lupin(1) serviteur, qui une fois n'est pas coutume va discuter télévision et actualité.

    Si, si il fait parfois avec son temps le Loup.

    Tout en sachant qu'il s'adresse à un vide intersidéral il sait malgré tout que tout mouvement entamé en apesanteur se poursuit indéfiniment tant qu'il n'a pas reçu un mouvement inverse. Ainsi peut-on lancer une sonde dans une direction dans l'espace, il n'est théoriquement besoin que de la poussée de départ pour qu'elle continue son chemin tranquillement, jusqu'à ce qu'elle rencontre une force quelconque de gravité qui l'attire à elle.

    Un gros délire digressif ^^ juste pour dire qu'une idée lancée un jour atterrira bien quelque part, même si il faut patienter quelques éternités pour cela.

    Revenons à notre détective belge. Le titre dont je vous parlais au début était «Hercule Poirot, c'est fini !», et en l'occurence, étant donné que le faire-part de décès d'Agatha Christie ne date pas d'hier, il s'agit de l'Hercule finaud adapté pour le petit écran... Pas n'importe lequel s'il vous plaît. Il y a eu quelques adaptations diverses et variées mais celle qui m'a accroché sans aucune hésitation reste l'inimitable moustache de chat de l'acteur David SUCHET.

    "Il fait avec son temps", tu parles ! Vu la dégaine de son héros la définition de "l'actuel" chez le Loup prend quelque peu du plomb dans l'aile.

    Bon d'accord, même dans les années 20-30 monsieur Poirot (sujet belge, et pas citoyen français s.v.p, ce qui explique peut-être que ses qualités de détectives soit reconnues outre-Manche) fait décalé d'une guerre. Il a d'horribles défauts qui lui permettent d'entrer en compétition avec les plus impeccables, hautains et flegmatiques aristocrates britanniques, est un célibataire endurci fier de ses manies souvent ridicules et n'a pas une trop petite considération de son génie personnel...

    En réalité c'est justement ce qui fait le charme du personnage, beaucoup plus humain qu'un Sherlock Holmes par exemple. Outre cet aspect, il y a tout un effort de reconstitution soignée des années folles qui mérite le coup d'oeil.

    Cela me rappelle la fois (ça y est le Loup sort sa canne, se place dans le fauteuil du grand-père près du feu et va se mettre à faire le conteur...) non mais rassurez-vous ce sera fort court. C'est juste qu'il y a quelques années (c'est toujours bien de ramener loin dans le passé) j'avais l'habitude de prendre le train dans une gare dont la façade sur les quais et la couverture métallique dataient de ces époques légendaires d'avant les dernières guerres. Aucun effet sur moi, autre que la désespérante attente des rames en retard... Jusqu'au jour où, ô apparition, je vis rangé sagement à quai et attendant le voyageur...

    L'Orient-Express !

    Certes les wagons-lits de la fastueuse compagnie du même nom n'étaient pas (faut pas trop en demander quand même) attelés à une de ces splendides et orgueilleuses loco à vapeur, mais leur seule vue a suffi à mettre en valeur et à soudainement me faire apparaître toute la munificence de l'architecture ferroviaire qui m'entourait pourtant quotidiennement. Je n'avais jamais remarqué ces tête de lion en bronze plaqués sur les poutres de métal boulonnées au-dessus de ma tête, ni les sculpture rythmant le dessus du mur de la station. Une ambiance renaissait sous mes yeux ébahis (quatre notes de lyre en accompagnement) et devinez quoi ?

    C'est la même que j'ai retrouvé dans cet Hercule Poirot là. L'art de mettre ensemble des architectures, des styles de rues, des véhicules et des costumes pour faire revivre une époque, peut-être même plus vraie que nature.

     Mais si le Loup tenait à parler de ce sujet, et tout ce préambule ne servait qu'à masquer le fond de sa pensée devenue aquiline (ça se dit ça ?) c'est qu'il voulait souligner ce qui fait aussi la spécificité de cette série télévisée. Même si l'atmosphère de certains épisodes est parfois (très) sombre, il y quelque chose qui fait la différence, et que M. David Suchet, l'acteur donc qui incarne notre, enfin mon, héros, tirant sa révérence comme on dit, et arrivé proche des 70 ans... Bon où j'en suis déjà ?

    L'acteur a donc prononcé une phrase que je me permets ici de reprendre texto de l'article en question (c'est très bien dit donc je recopie en l'adaptant quelque peu comme un perroquet savant, mais bon l'auteur est cité et le ci-présent blog est tout ce qu'il y a de plus non-officiel) :

    « Les fictions policières ont complètement changé (...). Elles sont devenues très sombres et extraordinairement violentes. Mais ce n’est pas le monde d’Agatha Christie et le fait qu’Hercule Poirot soit si populaire veut dire beaucoup sur le public : il n’a pas besoin de tant de sexe et de sang. »

    Voilà c'est bien dit, et cela mérite d'être répété quitte à être envoyé dans l'espace pour rebondir sur une antenne de martien. Même si Agatha Christie est malgré tout parfois tordue dans ses romans, ce que j'apprécie très fortement dans cette adaptation pour l'écran, c'est sa retenue, chose devenue très très rare aujourd'hui et qui fait que le Loup, somme toute, n'aime la télé (et la "culture" dite de "loisir" en général) que de très très très loin, et qu'il a tendance à prendre une lorgnette pour l'aborder.

    Pour tout vous dire c'est l'ultime série policière qui trouve encore grâce à mes yeux (elle date de 1989 !), et il y a longtemps que je ne connais plus les séries bouchères actuelles autrement que par ouï-dire, ce qui me suffit amplement. Mais c'est juste l'avis d'un extra-terrestre et il vaut ce qu'il vaut...

    (1) C'est le nom d'une plante mais c'est aussi l'herbe au loup après tout ! 

    --------

    Et puisque je ne parviens plus à placer un lien dans le texte, je vous donne ici l'adresse de l'article en question :

    http://www.programme.tv/news/series/78413-hercule-poirot-cest-fini/


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  • Ma tête est vide et c'est horrible, ma tête déborde et c'est insupportable.
    Tout et rien s'entremêlent et se combattent, tout et son contraire s'affrontent sans cesse.
    La confusion règne, mais cela ne fait que depuis l'éternité d'ailleurs.
    Magie ou abject matérialisme, rejet et accueil, qui a raison qui a tord, nul ne maudit et rien n'est béni.
    J'ai invoqué la Muse, est-elle là où est-elle partie ?
    Car seule Sa Folie peut vaincre la raison qui déraisonne, le système logique du plus gigantesque sophisme illogique qu'il soit.

    J'entends par là excusez du peu, notre siècle de fou notre siècle de feu, le feu gris de la cendre morte, qui ne couve plus mais qui empoussière, un air vicié post-volcanique.

    Vous croyez la guerre gagnée ?

    Elle n'a fait que débuter.
    Mais la cendre grise couvre les charbons noirs, ils chauffent d'un froid glacial mais sans braise et sans lumière, ils brûlent sans chauffer, gris, gris, gris, pour ne plus voir le noir ni deviner le blanc.

    Ils ramollissent les coeurs, détrempent les âmes, qui s'envolent, qui s'envolent, qui s'envolent...
    Sans plus revenir.
    La cendre couve, couvre, recouvre.

    Est-ce que le Feu est mort ?
    Où trouvera-t-il l'air dont il se nourrit si la cendre l'a étouffé ?

    Je voudrais cracher cette cendre qui me remplit la bouche et altère mes jugements.
    Qui aveugle mes yeux et alourdit tous mes gestes.
    Mais on me nourrit d'elle et l'on me dit :
    "Quelle belle couleur que le gris".

    Couleur du compromis. De l'abandon. De la défaite.
    Baissez pavillon et tout admettre.

    Ou bien vouloir se battre, tomber, tête dans la poussière,
    Mais se relever, lutter, refuser d'être mis en terre,
    Goûter encore l'âcreté d'une rechute, mordre le sol,
    Se soulever toujours, retomber, hausser les épaules,
    Devant l'insoutenable force qui paraît si maligne,
    Etre le grain de sable qui grippe la machine...

    Car chaque soubresaut use de sa puissance,
    Chaque tentative freine son avance,
    Ce qu'elle dépense ici la diminue ailleurs,

    Inébranlable fatalité ?
    Pour qu'elle mette tant de coeur,
    A tellement nous contrer,
    C'est qu'elle crève de peur.
    Elle redoute beaucoup.
    Elle nous craint un jour,
    Debout.



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  • L’Ombre et la Nuit, j’ai tant voulu voir à travers le Noir...
    L’Orage en résonne encore parfois, à la nuit tombante, dans la lave de mes veines...
    Où donc es-tu maintenant, Ombre nocturne qui me fit à la frontière du soir et du matin, à cette heure de la Mi-Nuit, un don étrange que je ne compris pas...

    Tu me fis connaître l’étrange et atroce sensation d’une Panique glaciale qui s’empara de mon corps, fit crier d’un hurlement interminable ma gorge.
    Des tréfonds de mon sommeil de mort, tu me fis émerger, entendant, loin, très loin, comme un cri sans arrêt, un cri continu, de plus en plus fort, de plus en plus nette.
    J’ai peur, qui crie ainsi dans le Noir ?

    Moi. Moi-même, ma propre voix résonne, hurlant comme elle n’a jamais osé, d’une puissance que je ne pouvais jusque-là pas concevoir.

    Frappe, frappe, frénésie des chocs... Où suis-je ? Quel est ce corps qui frappe des bras, des jambes, automate fou rendu furieux par la présence d’une paroi... ?

    Paroi, paroi, le sol ! Que fait mon corps sur le sol ? Pourquoi ce cri continue-t-il ?
    Où étais-je ? Qui étais-je avant ce tremblement, ce séisme gigantesque ?
    Un dormeur peut-être ?

    Alors pourquoi ne suis-je pas allongé dans mon lit, pourquoi le suis-je sur le sol ?
    Pourquoi ces mains frappent, frappent, martèlent sans arrêt le sol ? Pourquoi mes jambes me poussent-elles hors de ma chambre ?
    Et pourquoi ce CRI ?

    Vagues de frissons qui parcourent ce corps qui ne m’appartient plus...
    Ma tête dans le vide de l’escalier, la moitié de mon corps prête à y tomber.

    Enfin, j’ai compris que ce cri de terreur interminable était le mien.
    J’ai compris que mon inconscient me précipitait hors d’une pièce, dans laquelle je n’ai plus pu entrer... avant de longues semaines, avant de pouvoir y affronter à nouveau la Nuit et l’Obscur... Et les reflets des miroirs.

    Et comme un séisme, il y eut encore de nombreuses crises, espacées, moins puissantes, quoique certaines furent surprenantes.
    J’ai retrouvé à ce moment la peur du Noir.
    Il m’a fallu probablement plus d’une année pour m’en remettre.

    Aujourd’hui encore, parfois, je crois voir des Ombres dans la nuit...
    Il m’arrive de leur sourire, et non plus de les menacer du poing comme je le faisais au début.
    Brutale rapide et éphémère vision, entre le moment où la paupière se soulève... Plaque-t-elle en un infime moment une image créée par mon esprit sur le noir de la pièce qui m’entoure ou bien... ?

    Il est certaines choses qui ne peuvent pas s'affirmer. Elle nous échappent comme volutes de fumée.
    Mais je suis certain d'une chose.

    Le Noir est une couleur dont il ne faut pas abuser.

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  • Un vieil AppleUne fois n’est pas coutume. Je n’aime pas faire de la pub, mais je vais en faire quand même.
    Vive les Mac !

    Non pas les maquereaux, mais bien les ordinateur Macintosh.

    Je reprends depuis le commencement.
    Il a fort longtemps, très longtemps, dans une galaxie lointaine et oubliée, à une époque où la jugeotte était encore un peu de ce monde, votre serviteur a pris contact avec un domaine alors quasiment ultra secret, celui de l’Informatique (avec un grand I).

    Il se trouvait alors que mon père (alors artisan et patron de sa propre petite entreprise), notamment pour remplacer le comptable qui semble avoir eu la tendance à vouloir être payé à faire des erreurs de calculs (il y avait déjà des esprits en avance sur leur temps, même à cette période encore dorée)...
    Ou en étais-je après cette digression ?

    Voilà (mais d’abord une autre digression, qui va peut-être vous laisser entrapercevoir le thème plus général que je veux aborder ici) :
    Mon père en a sué dans son travail, dur, long et salissant. Nous n’avons jamais été très riches, mais j’ai toujours connu un confort plus qu’appréciable.
    Et Dark Vador... euh non, mon père nous a toujours seriné à mon frère et à moi, qu’il fallait avoir le respect de ses outils et de son matériel.

    J’y viens, j’y viens.
    Donc après mûre réflexion, il a fait l’achat d’un Apple IIc. L’ancêtre du Mac actuel, il n’avait même pas de disque dur (pas encore inventé), déjà la souris (disons un énorme rat vue la taille), un écran noir et phosphore vert grand comme un mouchoir de poche, et une imprimante à picots dont le fond sonore laissait prophétiser ce que serait la techno bien plus tard.
    Et même un second lecteur de disquette souple 25 pouces en option !

    A ce moment là, c’était un énorme investissement. Grâce à un cousin qui était alors ce qu’on appelle maintenant un geek (un informaticien), nous avons appris à nous servir d’un ordinateur, étrange bête mystérieuse.
    Mon père a pu faire sa propre comptabilité, et moi, petit à petit, j’ai appris à programmer, dans d’antiques langages qu’on appelait le logo et le basic.

    C’était extraordinaire. Le seul regret que j’avais, et mon souhait le plus cher, était d’avoir la couleur.
    J’ai appris à dessiner avec la grosse souris sur un vieux logiciel appelé « mousepaint ». Tout était possible. J’ai attaqué des trucs de plus en plus compliqués...

    Mais pendant ce temps...
    Pendant ce temps l’évolution s’accéléra et on passa rapidement à la révolution des  PC. Bientôt je bavais devant les 256 couleurs de mes copains, touchés entre-temps par la nouvelle vague (jusque là aucun n’avait un ordi chez lui).
    J’ai continué sur mon vieux truc monochrome vert.

    Un jour, en 1996 pour être précis, j’ai vidé mon livret A économisé depuis les 20 francs offerts à la naissance, complété d’une aide familiale bienvenue et moi aussi, j’ai franchi le pas...
    Rester chez Macintosh ?
    Financièrement impensable. Par contre on me vantait « l’évolutivité » des PC qu’on pouvait toujours améliorer au fil du temps, l’éventail de programmes et de jeux qu’ouvrait (arf, arg... Désolé, mon allergie) windows (qui jusqu’ici pour moi signifiait « fenêtres » en anglais, comme gates pour « portes »).

    Et je me suis retrouvé avec le premier Pentium de sa génération, le 75 (ce que je ne savais pas c’est que le 66 avait eu des râtés), un écran capable de millions de couleurs, et gna, et gna.
    Et windows, 95ème du nom.

    Première déception : c’est comment qu’on peut programmer avec ce truc là ?
    Seconde : pourquoi y’a un bon millier de dossiers qu’on comprend rien à quoi y servent ?
    Et toc d’effacer l’inutile. Et boum de planter la machine.
    La machine, parlons-en. Pendant un an, mon superbe PC s’arrêtait net sans avertissement aucun, de préférence au moment le plus crucial, le seul où j’avais oublié de sauvegarder.
    Bien sûr le « technicien » est venu. Il a fait un truc bizarre (plus tard reconnu comme une simple défragmentation) et il m’a dit de prendre le numéro d’erreur qui s’affichait sur mon belle écran bleu.
    Et puis voilà.
    Donc il m’a fallu ouvrir l’engin et commencer à comprendre, le dos, le bios, le hardware...

    Au bout donc d’un an, mon revendeur choisi exprès proche de chez moi avait déménagé et s’était reconverti dans les téléphones mobiles (cela en dit long sur son degré de professionnalisme).
    De toute façon il ne risquait pas de trouver la panne.
    Car à force de traduire de l’anglais technique dans les quelques papiers qui m’avaient été fournis avec le PC,  j’ai découvert qu’on l’avait doté de barrettes de mémoire vive de 4 Mo (oui, je sais ça en fera rire certains...) ce qui était absolument déconseillé, mélangées à des 8, pour obtenir un total extraordinaire pour l’époque, de 16 Mo.
    Donc mon vendeur avait remplacé les barrettes prévues par de plus faibles sans me le dire, soit par nullité professionnelle, soit pour se faire un petit extra (c’est que cela valait cher une barrette de 8 !).

    Je ne vais pas passer en revue tous les ennuis qui ont rendu mon PC inexploitable.
    Tout ça m’a donné une expérience des « PC et de leurs problèmes » comme j’écrivais dans mon CV qui a fait que lorsque quelqu’un ne voulait plus d’un ordi « obsolète », on pensait à moi.
    Et j’ai bidouillé, passant du 75 au 100, puis au 155 (enfin un chiffre comme cela, je ne sais plus) puis ensuite j’ai carrément trouvé des PC complets à la poubelle (c’est comme cela que j’ai eu mon premier lecteur DVD et graveur CD-Rom).

    Et au lieu de créer... Je passais mon temps à faire, défaire, refaire, tester... Exit la programmation d'ailleurs. Bientôt, moi qui à l'origine voulait tout bien organiser à sa place, mon ordinateur ne fut qu'un énorme fourre-tout dans lequel s'entassait les projets non terminés pour cause de problèmes techniques.
    La pensée windows a dû d'ailleurs déteindre sur moi, je suis devenu bordélique, passez-moi l'expression.

    Et voilà. Il a bien fallu que je me résolve à jeter moi aussi les plus anciens PC.
    Parlez-moi du respect de l’outil dans tous ça ?

    Pour respecter l’outil, il faut encore qu’il soit un bon outil, fiable, efficace.
    Le PC est un sous-produit de consommation, vite fait, mal fait.
    On le paie moins cher qu’un véritable ordinateur (un Mac quoi...) mais ce qu’on économise d’un côté, on le perd ensuite en temps, en patience, et fatalement en argent. Il n'y a pas de mystère si c'est moins cher.

    Alors il a fallu oser franchir un nouveau pas, et rentrer au bercail (j’avais bien entendu parler de Linux, Ubuntu, mais j’en avais marre rien qu’à l’idée de re-comprendre encore tout un monde où tout est à construire soi-même, comme si on avait le temps pour cela.  Quand vous achetez un marteau, il n’est pas en kit que diable ?).
    Retour au Mac. Aucun regret.

    Stable, un clavier qui m’a réappris à avoir envie d’écrire. Démarre en moins de quelques dizaines de secondes (si, si !). S'éteint encore plus rapidement. Aucun bruit (c'est le problème. En veille, on ne sait plus du tout si il est éteint ou allumé).
    Une seule
    prise d'alimentation. Pas de place prise autre qu’un écran ultra fin. Une grosse dépense, mais au moment où il était bradé.
    1000 euros. Et plus de soucis. Plus de soucis vous dis-je !

    Depuis que nous avons Mac (enfin... C’est ma copine qui l’a acheté en fait... Moi je paye juste les impôts, le logement, etc... ) l’ordinateur est devenu transparent.
    Ne posant aucun problème, on ne s’en soucie plus.

    C’est ça qui fait un bon outil. Il passe inaperçu, sauf le jour où, trop vieux, trop usé, il flanche, mourant de sa belle mort.
    Alors on le regrette, comme on regrette un vieil ami fidèle.

    De là naît un respect des objets. Et ce qui fait que même un objet a au fond, une âme.
    C’est là où je voulais en venir, si vous avez eu le courage de suivre jusqu’au bout.

    Il se peut même parfois, si on lui en donne la possibilité, qu’un vieil outil vous fasse d’heureuses surprises.
    L’antique Apple IIc de mon père fonctionne toujours parfaitement, et ce depuis 24 ans...



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  • Dites-moi s’il-vous-plaît combien de fois dans la vie on a l’occasion de partager un peu plus que la pluie et le beau temps ?
    Il m’est arrivé de rester assis comme un âne dans un compartiment de train dans lequel personne n’osait s’adresser la parole. Le parcours fut pourtant long. Et bien sûr, lorsqu’enfin les langues se sont déliées, les gens ont commencé à atteindre leurs destinations respectives et le compartiment s’est peu à peu vidé.

    Je crois que souvent la vie est faite d’occasions semblables mais qu’on n'en profite pas assez.
    Lorsque des fois, enfin la conversation s’engage, évidemment, entre inconnus, on parle surtout de la pluie et du beau temps. Ou alors (c’était dans un autre train ce coup-là), on commence à râler sur les problèmes d’une célèbre Société ferroviaire... pour constater que son interlocuteur est un ancien du rail qui n’aime pas trop qu’on parle mal de la maison-mère...

    Pour aborder des sujets un peu moins courants, un peu moins en surface, c’est beaucoup moins facile. Ou alors il faut beaucoup, beaucoup de temps. Ou encore des occasions spéciales : c’est le bon côtés des grèves surprises dans les gares. Quand vous devez passer la nuit en compagnie de centaines de voyageurs bloqués comme vous sur les quais à scruter l’arrivée du prochain train. Il peut arriver alors que la fatigue, la colère et le reste font, que miracle, les gens parlent entre eux.

    Tout çà pour dire que des fois, on peut rencontrer des gens potentiellement intéressants, qu’on est heureux de pouvoir avoir une conversation qui dépasse les derniers potins du journal (je dis potentiellement... il m’est arrivé de tomber sur des personnes qui se sont avérées au bout d’un moment un peu beaucoup trop bizarres... et dans ce cas là on se dit, pourquoi, mais pourquoi j’ai engagé la conversation ?).

    Donc vous discutez, mais arrive la prochaine station et soit vous, soit l’autre doit descendre. Et puis c’est tout.

    J’ai pris l’exemple des voyages en train parce qu’à une époque j’ai eu l’occasion de le prendre assez souvent, soit sur de courts, soit sur de longs trajets. Chaque départ était à la fois décourageant et en même temps prometteur. Toujours l’espoir qu’on s’enrichira d’une rencontre nouvelle (très rare) et profitable.
    En passant je dis tout de suite que je n’ai rien contre les agents de la SNCF, puisque j’ai eu l’occasion de travailler avec eux, et j’ai pu voir l’envers du décor : il est effrayant, mais c’est le cas de toutes les coulisses de notre chère société agonisante (Vous croyez qu’il n’y a que les directeurs des grosses banques qui étaient incompétents ? Vous n’avez encore rien vu).

    Passons sur la polémique. Je disais donc... Que les occasions de faire des rencontres marquantes étaient rares et que lorsqu’elles se présentaient, on en était quitte pour un adieu en règle.
    Oh bien sûr, parfois vous pouvez, par un mouvement de sympathie réciproque échanger des coordonnées pour se recontacter...
    (Avec tout un tas de cinglés en liberté, en fait je le déconseille plutôt : apprenez d’abord à pleurer seul avant de savoir avec qui on peut se permettre de rire sans risque. Mieux vaut être seul que mal accompagné.)
    Sauf qu’ensuite on peut s’apercevoir qu’on a rien de plus à se dire par courrier. Et qu’on va alors meubler le vide avec... oui bien sûr, la pluie et le beau temps !

    C’est pourquoi je bénis Internet. Jusqu’ici, je ne voulais pas m’y brancher. Je n’y voyais que le mauvais côté. En fait comme tout, il est à double tranchants.
    En effet les blogs constituent bien un formidable moyen de connaître, se faire connaître et de nouer des relations qui justement, par l’absence de contraintes physiques peuvent s’enrichir à force d’échanges.
    On se serait croisé dans un ascenseur (à moins qu’il ne soit coincé) la seule chose que l’on se serait dit c’est « bonne journée ». Sur le Net, on peut reparler encore et encore, tout en prenant le temps de réfléchir entre chaque intervention.

    Pas besoin de meubler des vides pour faire semblant de parler. On écrit ce qu’on ressent, et un jour, un mois, peut-être un an plus tard quelqu’un passe et vous réponds. Pas simplement pour dire bonjour, non, mais pour vous interpeller parce que vous l’avez interpellé.

    Je crois que ce réseau peut être utilisé à force pour permettre de créer un nouvel Humanisme, le même qui a présidé à la Renaissance, mais touchant beaucoup plus de gens et avec cinq siècles d’expérience (bonnes ou mauvaises) en plus.
    Ce n’est pas de l’idéalisme. Par Humanisme j’entends partage d’expériences, comparaison, et recherche... donc nécessairement avancées.
    Je n’enjolive pas la Renaissance. Je suis historien (raté) de formation, je crois pouvoir vous dire que cette époque, c’était surtout l’apocalypse pour beaucoup de ceux qui la vivait. Chaque jour apportait son lot de nouvelles remises en question qui abattaient par pan entier un monde qu’on avait cru stable.

    C’était une époque cruelle, violente, au moins dans cette partie du monde. Mais Gutenberg avait préalablement inventé l’imprimerie, et l’on fit des pas immenses dans la connaissance de la Réalité grâce à la facilité de faire circuler les informations.

    Aujourd’hui, le Net, c’est l’Imprimerie. Le blog, le livre imprimé mis à la portée de tous le monde, non plus seulement en tant que lecteur, mais en tant qu’auteur.
    Alors n’hésitez pas à avoir recours à ce formidable outil pour faire de la propagande.

    Oui de la propagande, de votre point de vue, de ce que vous aimez tout bas mais n’osez pas mettre en ligne, de peur de ne pas ressembler à ce qui se dit tout haut.

    Car ce qui se dit tout haut ce n’est que de la pluie et du beau temps.


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