• La Fourmilière

    Peut-on à coup sûr définir ce qu'est l'intelligence et ce que sont les sentiments ?
    On dit d'un singe qu'il "imite" l'homme, mais n'est-ce pas ce que fait tout enfant pour apprendre ensuite à agir et penser de manière autonome ?


    L'Apprenti observe le Maître, puis est capable, après de longues années de pratique, de fabriquer son chef-d'œuvre et ainsi de succéder à celui qui lui a servi de modèle.

    Dès lors pourquoi en serait-il différent avec l'Intelligence artificielle ?

    Vol de coincoinEn 2150, les gigantesques centres d’exploitation minière de Sibérie n’employaient plus de personnels humains, dont l’entretien revenait beaucoup trop cher dans cet environnement rude et hostile.
    Tout le processus, alimenté par des générateurs nucléaires, fut entièrement robotisé, tandis que la surveillance centrale de chaque site était confiée à un androïde, intelligence artificielle plus efficace qu’un être humain sans en avoir les défauts.

    La société exploitante envoyait régulièrement un agent spécialisé inspecter la bonne gestion de chaque androïde. En fait il s’agissait d’un travail de pure forme, le développement de l’intelligence artificielle ayant atteint de véritables sommets.

    Aujourd’hui cependant, l’agent d’inspection 18 avait ajouté une nouvelle destination, qui marquait la fin du processus de robotisation en Sibérie : Norilsk, le plus ancien et le plus important de ces centres, avait aussi été l’ultime à employer encore une équipe humaine. La dernière venait de partir il y a trois mois, remplacée par le SIB-94, un androïde de la toute dernière génération, dont les capacités étaient pratiquement infinies.

    Pour l’humain Fédor Jenerowsky, alias l’agent d’inspection 18, ce n’était pas sans un serrement de cœur qu’il assistait à ce dernier acte. Dans l’hélicoptère qui le conduisait à Norilsk, il demeurait un peu pensif et ne pouvait éviter de se dire qu’un beau jour, sa fonction deviendrait inutile, et que lui aussi devrait aller se chercher un autre emploi. Mais né au sein de l’entreprise, formé à son fonctionnement depuis son plus jeune âge, il avait malgré tout confiance en elle et se disait qu’elle trouverait toujours un endroit où le reclasser.

    Malgré tout il aimait son travail, il aimait ce grand Nord froid et triste, et il était curieux de rencontrer le fameux SIB-94 pour voir s’il était à la hauteur de sa réputation.
    Il ne l’avait pas encore vu. D’après les pilotes qui l’avaient amené sur place il y a trois mois, il avait la forme d’une élégante jeune femme, vision réchauffant toujours le cœur de ces hommes perdus dans l’immensité glaciale, et qui tranchait avec le stéréotype masculin des modèles antérieurs. L’agent 18 se dit que ce n’était pas plus mal, mais que seules les machines et les arbres devaient profiter de sa beauté, devenue légendaire chez les pilotes.

    Ils l’appelaient la Fée des Glaces.

    Il savait que le SIB-94 avait été conçu à la base pour être polyvalent et qu’il aurait pu tout aussi bien servir dans un spatioport que dans une équipe municipale ou bien encore comme caissière dans une compagnie de restauration rapide. Dans ce dernier cas, toutefois, si l’aspect était soigné, le développement de l’intelligence artificielle l’apparentait plus à un automate, la programmation du processeur, dit « processus d’éducation », ayant été réduite au minimum pour des raisons évidentes de budget.
    Voilà pourquoi on l’avait muni d’un visage avenant, même si sa mission principale dans ce cas précis était de rester solitaire et invisible pendant pratiquement toute l’année.

    Tous les androïdes (et les intelligences artificielles fixes, gros ordinateurs non-autonomes au physique moins agréable) avaient été conçus comme des machines à apprendre, s’inspirant des capacités humaines en les multipliant énormément. A la base, un être pas plus expérimenté que ce que le programme minimum (langage, calcul, etc.) prévoyait. A l’usage, capable de se spécialiser dans n’importe qu’elle branche mieux que tout humain, en intégrant toute nouvelle donnée à son système de compréhension…

    Il était encore perdu dans ses pensées quand l’un des pilotes vint le secouer pour lui signaler qu’ils arrivaient à destination. Il lui montra du doigt une petite silhouette en attente sur l’aire d’atterrissage.
    « C’est elle, la petite Fée des glaces ! Et tout autour, l’enfer de Norilsk ! »

    A perte de vue, des engins, des grues, des usines de traitement du métal. L’ancienne ville demeurait au centre de ce complexe, vide et froide. Tout cela recouvrait, invisible telle la partie immergée d’un iceberg, les milliers de kilomètres de réseaux des mines.

    Ce  qui est promis est promis... Suite réservée aux amis commentateurs...  


    Achevée en mai 2004. Ecrite quasiment d'une traite, c'est probablement la plus soignée de mes histoires.

     

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    1
    ladybug
    Mercredi 19 Novembre 2008 à 23:02
    ha,si tu écris une suite je la lirais avec plaisir..
    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    2
    LoupdesNeiges Profil de LoupdesNeiges
    Jeudi 20 Novembre 2008 à 13:34
    Pas de problème. Elle attend sagement d'être mise en ligne. Si j'ai le temps aussitôt fait, sinon dans pas longtemps...
    3
    LoupdesNeiges Profil de LoupdesNeiges
    Jeudi 20 Novembre 2008 à 14:07
     A toi l'honneur ! Mais il n'y auras pas tout d'un coup, hé hé hé...
    (L'arrangement des articles entre eux est encore à l'essai).
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :