• Extraction

    Ma tête est vide et c'est horrible, ma tête déborde et c'est insupportable.
    Tout et rien s'entremêlent et se combattent, tout et son contraire s'affrontent sans cesse.
    La confusion règne, mais cela ne fait que depuis l'éternité d'ailleurs.
    Magie ou abject matérialisme, rejet et accueil, qui a raison qui a tord, nul ne maudit et rien n'est béni.
    J'ai invoqué la Muse, est-elle là où est-elle partie ?
    Car seule Sa Folie peut vaincre la raison qui déraisonne, le système logique du plus gigantesque sophisme illogique qu'il soit.

    J'entends par là excusez du peu, notre siècle de fou notre siècle de feu, le feu gris de la cendre morte, qui ne couve plus mais qui empoussière, un air vicié post-volcanique.

    Vous croyez la guerre gagnée ?

    Elle n'a fait que débuter.
    Mais la cendre grise couvre les charbons noirs, ils chauffent d'un froid glacial mais sans braise et sans lumière, ils brûlent sans chauffer, gris, gris, gris, pour ne plus voir le noir ni deviner le blanc.

    Ils ramollissent les coeurs, détrempent les âmes, qui s'envolent, qui s'envolent, qui s'envolent...
    Sans plus revenir.
    La cendre couve, couvre, recouvre.

    Est-ce que le Feu est mort ?
    Où trouvera-t-il l'air dont il se nourrit si la cendre l'a étouffé ?

    Je voudrais cracher cette cendre qui me remplit la bouche et altère mes jugements.
    Qui aveugle mes yeux et alourdit tous mes gestes.
    Mais on me nourrit d'elle et l'on me dit :
    "Quelle belle couleur que le gris".

    Couleur du compromis. De l'abandon. De la défaite.
    Baissez pavillon et tout admettre.

    Ou bien vouloir se battre, tomber, tête dans la poussière,
    Mais se relever, lutter, refuser d'être mis en terre,
    Goûter encore l'âcreté d'une rechute, mordre le sol,
    Se soulever toujours, retomber, hausser les épaules,
    Devant l'insoutenable force qui paraît si maligne,
    Etre le grain de sable qui grippe la machine...

    Car chaque soubresaut use de sa puissance,
    Chaque tentative freine son avance,
    Ce qu'elle dépense ici la diminue ailleurs,

    Inébranlable fatalité ?
    Pour qu'elle mette tant de coeur,
    A tellement nous contrer,
    C'est qu'elle crève de peur.
    Elle redoute beaucoup.
    Elle nous craint un jour,
    Debout.



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  • Commentaires

    1
    zialso
    Jeudi 13 Août 2009 à 08:18
    Très belle prose, qui montre bien que quoi qu'il arrive (et il nous enarrive) il faut continuer à se battre et redoubler d'effort devant chaque baton mis dans nos roues. Beacoup d'épreuves ont du etre franchie pour que tu en arrive à de si belles et falistes vers.
    En tout cas ils ne resteront pas indifférent à mes yeux, ces vers.
    Bon courage à toi dans la poursite de ton combat.
    2
    LoupdesNeiges Profil de LoupdesNeiges
    Jeudi 13 Août 2009 à 20:51
    Et ton commentaire ne m'est pas indifférent non plus, merci beaucoup Zialso.
    Tu es la bienvenue ici.
    3
    Samedi 15 Août 2009 à 18:06
    Loup devient fou, et je l'aime quand il est dans cet état !
    J'aime tout particulièrement la fin, à partir de "Quelle belle couleur que le gris", les phrases courtes donnent une belle force au texte. Eh eh, j'aime quand tu me surprends.
    4
    LoupdesNeiges Profil de LoupdesNeiges
    Dimanche 16 Août 2009 à 19:20
    Le Loup est-il fou ou bien dans son état véritable ?
    Tu sais c'est toi qui m'inspires un peu avec tes "écritures libres"...
    Cela me donne envie de jeter les mots comme ils viennent, même si de prime abord ils ne paraissent pas suivre un fil directeur.
    Et curieusement, cela donne au bout de quelques lignes quelque chose.
    5
    Yak
    Mardi 8 Septembre 2009 à 18:14
    Quelques choses même. Qui n'ont pas forcément besoin d'être disséquées, mais qui sont bien agréables à parcourir.
    6
    LoupdesNeiges Profil de LoupdesNeiges
    Mardi 8 Septembre 2009 à 21:54
    L'analyse tue bien trop souvent son objet.
    Je vois avec plaisir que décidément le Yak sait parler le langage du Loup, merci.
    7
    Furiae Profil de Furiae
    Mardi 5 Janvier 2010 à 21:07
    Bonsoir LoupdesNeiges, et merci de vos compliments. Que ce soit par la peinture ou les textes, je laisse s'exprimer mes émois, simplement, donc sans méthode poussée qui en enlèverait la sincérité. Vos propres vers m'ont saisie, et que cela fait du bien d'entendre parler ainsi de la fatalité et de notre propre liberté... car être libre n'est pas le désintérêt, l'acceptation, la tranquilité, c'est l'expression, le regard sur les choses, et la lutte pour être soi. voilà, je me suis un peu emballée ! Passez une bonne soirée et merci pour vos voeux de bonnée année !
    8
    LoupdesNeiges Profil de LoupdesNeiges
    Jeudi 7 Janvier 2010 à 18:39
    Mais c'est une bonne chose que de s'emballer, j'aimerais assez d'ailleurs retrouver un peu de ce feu ces temps-ci...
    Merci de ce commentaire... J'ai perdu l'habitude d'être ainsi vouvoyé, j'ai l'impression que cela s'adresse à quelqu'un d'autre très loin  (en même temps cela a toujours un certain charme d'utiliser le vous, j'aimais bien mais je me suis converti aux usages du monde des blogs!).
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